Cahiers de vacances...

Cahiers de vacances...

Dimanche prochain, c’est la reprise du championnat…

C’est la semaine de la rentrée pour des milliers de têtes blondies par la douceur de l’été. De jeunes enfants effrayés à l’idée de quitter pour la première fois papa et maman et qui ne manqueront pas de verser une larme au moment des au revoir sur le perron de la classe. Pour les plus âgés, la rentrée des classes serait presque un plaisir si elle ne devait pas écourter un peu plus les grandes vacances estivales. Cette période magique que l’on se délectera de raconter à ses camarades durant quelques semaines encore avant que ne débutent les choses sérieuses. Ah, les grandes vacances ! Un concept féerique lorsque l’on quitte le giron scolaire pour plonger de plain-pied dans les affres de la vie active. Le soleil, la plage, les amis, les journées interminables passées à refaire le monde autour d’un barbecue… Tout ça c’est fini, et il faudra patienter un an avant de pouvoir goûter à nouveau aux charmes bienfaiteurs de l’été. Malgré tout, j’en connais quelques-uns qui ont dû passer de sacrées vacances. Comment pourrait-il en être autrement lorsqu’on est auréolé d’un titre de Champion de France ?

Après avoir sué sang et eau de longs mois durant sur les pelouses de France et de Navarre, les gladiateurs Campétois avaient bien droit à un repos bien mérité. Comme le dit l’adage, « Après l’effort, le réconfort » et je pense que la leçon a été bien apprise. Le bouclier en a écumé des coins de bar, comme autant d’escales dans des ports de fortune. L’envie de prolonger les agapes bien au-delà du coup de sifflet final de cette ultime rencontre capitale.

Le problème avec ces instants d’intense euphorie réside invariablement dans le triste retour à la réalité. La vie reprend ses droits, le quotidien redémarre une nouvelle saison de son travail de sape. Ne demeurent plus que des images, des sourires, des visages illuminés par la joie et l’émotion suscitée et le sentiment d’avoir écrit, ensemble, une page de notre histoire commune. Celle au départ mal embarquée, d’une bande de potes prêts à tous les sacrifices pour aller décrocher le Graal aux côtés de ses frères d’armes. Et puis, au fil du temps, cette amitié indéfectible a cru au rythme des saisons pour venir culminer sur les hauteurs d’une petite ville du Béarn au terrain si familier pour certains. La cerise sur un gâteau devenu le plus prisé de tous les mets. Un aboutissement pour un groupe dont les ambitions semblaient s’enterrer malgré le fort potentiel affiché. Corneille a écrit qu’« à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » et nous en avons eu la preuve chaque dimanche que ce soit au Stade de l’Amitié ou sur des pelouses bien plus hostiles. En ouvrant un court instant l’armoire des souvenirs je ne peux m’empêcher de revoir cette partie indécise jusqu’au bout face à un valeureux adversaire dont le seul tort fut de sous-estimer le cœur des mousquetaires Campétois. La tâche a été compliquée, mais la joie qui en a découlé a été à la hauteur des efforts fournis pour décrocher ce vulgaire bout de bois, immense. Un bled paumé, tout juste visible sur la meilleure des cartes routières, trônant au sommet de la pyramide hexagonale, quoi de plus beau pour un village et un club d’irréductibles ? 

Driiiiiing, Driiiiiiiiiiing ! Voilà déjà l’heure de la reprise, cette rentrée des classes tant redoutée. Lorsque l’on remet tous les compteurs à zéro. Il faut désormais se projeter sur l’avenir et ne plus laisser le passé qu’à la postérité. De nouveaux challenges se profilent à l’aube d’un nouvel exercice. C’est d’ailleurs un crève-cœur de ne plus voir certains visages devenus familiers au fil des épreuves. Mais ainsi va la vie et comme je l’avais déjà dit, les décisions, aussi dures à accepter soient elles, doivent être respectées. Sachez messieurs que vos âmes continuent de hanter les vestiaires et les abords du stade de l’amitié et qu’elles nous enveloppent à chaque instant de leur halo protecteur afin de nous obliger à donner le meilleur de nous-mêmes, pour nous mais aussi pour vous. On espère d’ailleurs vous revoir très vite, vous les tauliers, qui avez su, en bons phares, guider notre bateau à bon port. 

Pour ceux qui sont toujours là où les nouveaux visages qui nous ont rejoint, la reprise a été aussi dure qu’une rentrée en maternelle. On irait volontiers se cacher dans les jupes de maman lorsque les jambes commencent à siffler dès le premier entraînement. Mais finalement on continue de se faire mal, pour l’amour de ce maillot qui nous est cher et qui représente tellement. On revient invariablement au stade de l’Amitié, parce que notre antre porte bien son nom. C’est toujours une joie de retrouver ses frères, ceux pour qui on tombera. Et puis il ne faut pas oublier que de nouvelles aventures nous attendent, avec un titre à défendre et surtout des ambitions encore plus élevées. Parce que l’appétit vient en mangeant et qu’à Campet on en a de l’appétit. Pour arriver à concrétiser nos rêves, il n’y aura pas de formule miracle, mes amis. Nous sommes investis d’une mission, celle de pérenniser l’héritage de l’an passé. Pour ce faire il n’y à qu’une voie, celle de l’humilité. Avoir l’envie incessante de se surpasser face à des adversaires qui voudront à tout prix « se farcir le champion de France ». Pour éviter ce genre de piège, ce sera à nous d’oublier ce qui a été fait et de vouloir plus que tout écrire, ensemble, une nouvelle page de nos histoires, identique à celles que l’on ne trouve que dans les livres d’or. Alors Messieurs, à vos crayons !

Benoit Dartigues

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