Entre ombre et lumière... E1

Entre ombre et lumière, entre espoir et regrets…

 

 

C’est avec un sacré goût amer dans la bouche que sont réveillés les joueurs de l’équipe première de Campet ce lundi matin. Certes les vapeurs houblonnées n’y sont pas étrangères, mais c’est surtout le goût âcre d’une défaite controversée qui laisse tant d’amertume.

 

On avait observé ces derniers temps une nette progression dans le groupe orchestré par Renaud et Cancan. Cette demi-finale aller est venue confirmer la montée en puissance de tout le groupe. Dès les premiers accords, on sentait bien que tous étaient au diapason, les violons idéalement accordés entre avants et ¾, prêts à jouer de concert et à livrer une grande partition. Pourtant les quelques couacs mis en lumière par l’arrière de Menditte empêchaient les Campétois de virer dans l’ivresse de l’euphorie. Certes Menditte est une belle équipe. Une formation joueuse, homogène, qui n’a pas dominé le championnat de 3ème//4ème Série de la tête et des épaules pour rien. Mais quand même, la physionomie du match laisse beaucoup de regrets. Dès l’ouverture du bal, les Campétois tentaient d’imposer leur griffe par l’intermédiaire des « gros ». Une domination mal récompensée et des petites erreurs immédiatement sanctionnées par les cannes de feu des ¾ basques mettaient la pression sur les locaux. L’arrière et l’ailier au numéro 14, très en verve, semaient le trouble dans la défense Campétoise. Le décor était planté, la rencontre se jouerait sur des détails, du genre de ceux qui font la différence lors des phases finales. Les ténors de devant avaient pourtant du répondant ce dimanche. Et pour contrer la furia des arrières basques, le pack débutait son solo. À base de grappillages de ballons, de défi physique et de solidarité, ils arrivaient à tenir tête aux velléités visiteuses, offrant de l’air au Real. Le collectif comme parade aux individualités.

 

Le spectacle proposé promettait l’indécision jusqu’au bout, surtout avec quelques coups de sifflet plus que contestables. Mais loin de se cacher derrière le masque de l’injustice, il faut reconnaître des vertus au vainqueur et avouer, non sans regret, que les Campétois ont manqué de réalisme dans les instants de décision. Une malédiction à laquelle il faudra absolument remédier pour espérer décrocher le pompom à Menditte, en même temps que le précieux sésame pour la finale. Parce que les troupes de Renaud et Cancan ont leur destin en main. Les compteurs seront remis à zéro dimanche. Et bien que la rencontre se joue à l’extérieur, on veut y croire. En continuant à réciter à merveille leur partition, les saltimbanques du Real ont les atouts pour renverser la vapeur. Mais encore une fois, l’approximation devra rester au vestiaire. Ils devront être dans le bon ton et le bon tempo pour pouvoir nous offrir tard dans la nuit le concerto pour timbale et grosse-caisse que tout le monde attend impatiemment.

Si l’attente est si grande autour de ce groupe, c’est que tout le club est conscient du potentiel de cette équipe capable de décrocher le titre de 3ème série, à condition de ne pas trébucher ce week-end. Ne nous y trompons pas, avant de festoyer, c’est sur le pré qu’il faudra guerroyer. Et avant les douces musiques de chambre, peut-être qu’il sera nécessaire d’entonner des chants plus triviaux, à l’instar de ceux qui résonnent des décombres des champs de bataille. Même imagée, c’est la guerre qui attend les Campétois ce dimanche, et ils devront se préparer en conséquence. À moins que, pour coller davantage à l’histoire du Real, jaillisse des cœurs un paseo identique à ceux qui entraînent maestros et toros braves dans l’arène. Avec en ligne de mire la mise à mort inéluctable du vaincu. Le Real se présentera probablement à Menditte dans la peau de l’animal blessé qui respire encore l’odeur du sang à plein poumon. Un toro dont l’éloge de la bravoure n’est plus à faire. Un noble combattant qui devra dompter sa colère pour espérer finir gracié ou, mieux encore, dans la peau du matador que l’on porte en triomphe par la grande porte. Pour basculer de l’ombre à la lumière et surtout pour que les regrets laissent définitivement place à l’espoir.

 

 

Par Benoit Dartigues

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