L'éclaircie après la pluie

Une semaine de finale….

L’ECLAIRCIE APRES LA PLUIE

 

Soudain, le ciel s’est ouvert comme la mer rouge face à Moïse. Immédiatement, il s’est mis à pleurer toutes les larmes de ses entrailles. C’est certainement à l’aide de cette tentative désespérante qu’il a voulu montrer, à sa façon, que le soleil n’était pas encore tout à fait de saison. Il a sûrement voulu pleurer, par la même occasion, l’élimination du Real Campétois Soldevilla en demi-finales de 3ème  série et la courte et rageante défaite des réservistes au même stade de la compétition. Un week-end cauchemardesque pour tout le club.

 

Pourtant on pensait que les éclaircies entrevues ces derniers temps scelleraient définitivement ce que nous attendions tous depuis le mois d’Août dernier, le retour de l’été.

Malheureusement, l’équipe première a été défaite sur les deux matches face à Menditte, l’adversaire de ces demi-finales. Des Mendikotars, leaders incontestés de la poule durant toute la saison qui ont prouvé, une fois n’est pas coutume, qu’ils n’avaient usurpé en rien leur classement. Malgré la prétendue logique de cet échec, le ciel n’a pu contenir ses larmes. Des effusions lacrymales provenant des regrets nés de cette chute. Car il ne faut pas se mentir. Tout le monde au club pensait et savait l’exploit réalisable. Dans le premier acte disputé au Stade de l’Amitié, le manque de pragmatisme a cruellement plombé les espoirs de victoire. Avec un retard de deux points au planchot, les Campétois avaient, malgré tout, une belle carte à jouer au pays basque. Mais la physionomie du match et la belle opposition des locaux ont brisé le rêve auquel on commençait à croire dur comme fer. D’évidence, il faudra se consoler avec la finale de 4ème série face à Pomarez, une vieille connaissance.

 

Pourtant, malgré ce semi échec, les hommes de Renaud et Cancan peuvent garder la tête haute. Ils n’ont jamais abdiqué bien que peu épargnés par les pépins et désillusions en tout genre. Certes, en bons compétiteurs, on ne peut se satisfaire d’une défaite, surtout lorsqu’on trébuche si près du Graal, mais il faudra vite chasser les nuages de l’amertume pour se concentrer sur une nouvelle belle échéance qui arrive a grands pas.

Une fois passée la déception de ne pas jouer dans la cour des grands, le duo d’entraîneurs a certainement su trouver les mots justes pour remobiliser ses troupes pour la finale de 4ème série, comme d’habitude. Et si cet événement semble de prime abord bien moins glamour que la finale de 3ème série face au voisin honni Saint Pierrois, cela reste une finale. Et une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne. Ce serait une belle consolation de remporter un titre et surtout une ligne de plus au palmarès de tout un groupe de copains qui ont envie d’écrire ensemble leur histoire. Qui plus est lorsque l’on sait qu’une hypothétique victoire ouvrirait en grand les portes du championnat de France. Il arrive de trouver des ratures, même dans les plus beaux contes de fée, mais, au final, on ne retient que la fin de l’histoire. Une fin où le héros triomphe systématiquement. À vous, messieurs, de prouver que vous êtes de cette trempe-là.

 

En ce qui concerne le rendez-vous de dimanche, on connaît bien l’adversaire pour l’avoir affronté à deux reprises durant la saison. Pomarez a fini 6ème de la poule mais lors des confrontations directes avec le Real, les rencontres se sont soldées par une victoire de chaque côté obtenue sur sa pelouse. La prudence reste plus que jamais de mise surtout dans le cadre d’une finale où les compteurs sont remis à zéro. La clé du match sera très certainement l’envie d’aller décrocher la lune et la volonté de continuer à vivre quelques belles joies avec ses copains avant des vacances bien méritées. Le potentiel est bien présent chez les Campétois, ne reste plus qu’à prouver sur le terrain la force de tout un groupe, de tout un club. Une bande de bons soldats qui auront à cœur de démontrer une nouvelle fois les liens qui les unissent sur et en dehors du pré, et qui voudront très probablement triompher pour le reste de la troupe resté le long de la main courante. Au moment du discours d’avant match, il y aura très certainement un verset sur les blessés et autres suspendus qui auraient bien aimé se joindre à la fête. C’est à eux qu’il faudra penser. Eux qui ont sacrifié de leur personne sur le champ de bataille pour entretenir la flamme jusqu’au bout. Au moment d’enfiler son habit de lumière, comme si c’était la dernière, il faudra se souvenir de tous les bénévoles et supporteurs qui n’ont eu de cesse d’encourager leurs « petits » tout au long de la saison et qui seront, à n’en pas douter, très nombreux pour la grande messe dominicale.

 

Jadis, c’est dans la cathédrale de Reims qu’étaient couronnés les rois de France. Dimanche, à partir de 15h30, ce sera à Grenade sur l’Adour, non loin de la chapelle du rugby, que nous espérons voir le Real couronné roi de Côte Basque. Ensuite tout sera permis. Mais avant de se projeter dans le futur, il faudra mériter son sésame en remportant la finale.

Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons espérer étancher la tristesse actuelle du ciel et retrouver le sourire en pensant à l’été. En cas de victoire, le soleil devrait revenir aussi vite qu’il s’est enfui, au moins sur les visages et dans les sourires des vainqueurs. Après tout, ne dit-on pas que l’éclaircie vient après la pluie ?

 

Par Benoit Dartigues

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×