Petit billet d'humeur

PETIT BILLET D’HUMEUR SUR LE WEEK END PRECEDENT

Cela faisait une semaine que l’on sentait monter la tension. Non pas que les comportements aient foncièrement changé. La concentration de mise ces dernières semaines était encore là, bien présente, mais on ressentait pourtant l’impatience et la gourmandise d’en découdre après les deux belles victoires du week-end précédent. Il avait fallu cravacher pour se défaire de Sare et Puyoo, mais le fait de jouer à domicile devant une foule inattendue avait obligatoirement décuplé les forces de chacun au moment de l’estocade. On sentait la naissance d’un groupe. Une bande de potes qui matérialisait sur le pré les promesses entrevues en dehors.

Toutes les conditions étaient effectivement réunies pour éviter le faux-pas. Et les hommes ont une nouvelle fois répondu présents dans ce grand rendez-vous. S’offrant, pour une semaine encore, le droit de rêver. Une semaine à refaire le match puis à se renseigner sur le futur adversaire avant de se concentrer sur la stratégie à adopter pour le faire chuter. Sept jours à tenter d’appréhender au mieux l’inconnu. Deux entraînements pour se préparer mais un seul match pour continuer d’espérer.

 

Samedi, il ne fallait pas se trouer pour les hommes de la B. Confrontés à un adversaire dont on ne savait rien ou quasiment, il a fallu puiser une nouvelle fois dans les vertus du groupe pour se sortir d’une grosse désillusion. Mais il semble que l’appétit gargantuesque des hommes de Pélo et Xavier vient en mangeant. C’est certainement cela qui les fait sortir de leur réserve au fil des rencontres. Parce que lorsque les visiteurs ont débarqué au Stade de l’Amitié, tout le monde se demandait ce que le match allait donner. Nous avons vu sortir du bus une équipe homogène, relativement solide. Tout le monde aurait pu se démobiliser en se disant qu’Ustaritz évoluait à l’échelon supérieur, que le parcours avait déjà été fantastique et que, finalement, tomber contre mieux classé que soi aurait été de toute logique. Que Nenni !

 

Après les effusions de joie vécues le week-end d’avant, personne n’avait envie de stopper l’aventure en si bon chemin. Tous avaient envie de prolonger les agapes tard dans la nuit et de partager un peu plus ces liens extra-sportifs qui font l’alchimie sur le pré. Ces discussions souvent incompréhensibles pour les profanes ou ceux qui sont à jeun. Lorsqu’on apprend à découvrir qui est réellement son coéquipier, au-delà de savoir qu’il est puissant ou qu’il a des cannes de feu. On découvre l’homme qui fait que le joueur est ce qu’il est. Et finalement ce sont aussi celles-là les vertus de notre jeu. Créer des amitiés qui résisteront au temps. Des liens tissés dans la souffrance et la douleur, dans l’abnégation et le don de soi. Encore des reflets purs de la vie dans l’océan pollué du quotidien.

Mais avant de se jeter corps et âmes dans la bataille contre la nuit, il fallait triompher au Stade de l’Amitié. C’est dans l’intimité du vestiaire qu’il faut vraisemblablement trouver les clés du succès. Avec un discours axé sur nos propres forces, sans se soucier de celles de l’adversaire, chacun a pris conscience de ses qualités, envoyant valser quelconque complexe d’infériorité. On pouvait enfin ouvrir la cage aux lions au son du fameux « I’m shipping up to Boston » des Dropkick Murphys distillé par Antoine Godemet, faute de pouvoir distribuer les offrandes sur le pré. Il a su trouver l’hymne idéal pour galvaniser une dernière fois les troupes avant le début des hostilités. Comme une façon personnelle d’apporter, lui aussi, sa pierre à l’édifice.

 

Bien que menés à la pause, c’est certainement la confiance en soi qui a permis aux Campétois de renverser la vapeur en seconde mi-temps. Les visiteurs n’ont quasiment plus existé dès lors que les cannes de feu de Manu Bourdé appuyaient les assauts répétés du pack. Et même cette pénalité loupée peu avant le coup de sifflet final ne pouvait donner de sueurs froides. En effet, Cédric Aparicio dit Ajax avait une seconde chance de tuer le match, qu’il ne laissa, cette fois, pas passer. « La victoire au bout du pied et la gloire au fond des filets… », on connaît la chanson. 18-16, la messe était dite et tout le monde n’avait plus qu’une idée en tête, changer l’eau en vin. Ce ne sera que le lendemain que les regards encore vitreux se tourneront en direction du futur adversaire des réservistes, Saint Jean de Marsacq. Une équipe dont on sait qu’elle a fini en tête de sa poule de 1ère série et que ce sera encore un gros morceau. Mais à cœur vaillant, rien d’impossible, et ces mecs-là ont encore démontré en déjouant les pronostics, que du cœur, ils en ont.

 

La une, pour encore espérer

Pour la première, l’objectif était de prendre l’ascendant psychologique sur l’adversaire en vue du match retour à l’extérieur. Et, à vrai dire, la courte défaite concédée laisse un goût amer avec un léger sentiment d’inachevé. Certes c’est Menditte, le leader incontesté de la poule qui se déplaçait au stade de l’Amitié. Pourtant la physionomie du match et les absences passagères de l’arbitrage nous laissent sur notre faim. Auteurs d’une bonne entame de match les Campétois montraient clairement à leurs hôtes qu’il fallait remettre les compteurs à zéro en phases finales. Le supposé David faisant bien plus que se défendre face à l’annoncé Goliath. Les locaux occupaient bien le terrain, mais sur leurs premiers ballons exploitables ces diables de 15 et de 14 faisaient parler la poudre pour semer le trouble dans la défense du Real. Mais c’est tout le pack Campétois qui répondait aux individualités basques, imposant son physique et sa solidarité pour éviter de se faire distancer au tableau d’affichage. Sur certains points chauds, on en venait aux mains, et comme le dit l’adage « jeu de main, jeu de vilain ». Pour preuve le carton rouge reçu par un visiteur après une superbe prestation de Benoît Darquier dans un nouveau rôle de composition, celui de la victime. Une performance qui lui a valu une prochaine nomination aux Oscars pour ce petit rôle dans « La fourchette basque ». Allez Titi, on est tous derrière toi…

Pourtant, malgré cet engagement parfois déplacé, les deux équipes avaient envie de proposer du jeu mais malgré tout, l’enjeu et la tension crispaient un peu plus les acteurs.

Le match tournait vite au jeu du chat et de la souris et l’occupation du terrain judicieusement orchestrée par la roublardise de Sébastien Fargues, notre Jean-Pierre Bacri national, entretenait le doute dans les esprits des visiteurs. C’est encore lui qui ne tremblait pas au moment de passer le drop de l’espoir. Un baroud d’honneur qui atténuait un peu les regrets d’après match. Parce que le manque de réussite ou certaines décisions arbitrales n’ayant pas tourné en leur faveur, les Campétois devaient quitter la pelouse sur le score de 14 à 12. Et si les regards étaient dans les chaussettes, il ne fallait pas s’y tromper, ils exprimaient la frustration d’être passés si près du but. Les hommes de Renaud et Cancan pouvaient sortir la tête haute tant ils ont livré une partie aboutie, peut-être même leur plus belle prestation de la saison. Tous les espoirs sont permis au match retour malgré quelques absences handicapantes. Réponse ce week-end pour le match couperet où les compteurs seront remis à zéro pour un remix de l’Enfer du Dimanche.Mais franchement, ce serait tellement bien de retrouver en finale les voisins de Saint Pierre du Mont pour le titre de Champion du canton, euh pardon, de 3ème série.

Quoi qu’il en soit, nous attendons tous avec impatience le week-end pour pouvoir à nouveau goûter à l’adrénaline des phases finales en croisant les doigts pour que l’aventure des deux équipes du Real continue et que les sourires viennent encore une fois irriguer le stade de l’Amitié.

 

 Par Benoit Dartigues

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