Un pour tous, tous pour un

UN POUR TOUS, TOUS POUR UN

Par Benoit Dartigues

                             

Lorsqu’en quittant sa Gascogne natale, il enfourcha son fidèle destrier pour aller chercher fortune et reconnaissance à Paris, le jeune d’Artagnan ne se doutait certainement pas que l’histoire se répèterait en sens inverse quelques siècles plus tard et que ses aventures pourraient servir d’exemple.

Parti à la rencontre des mousquetaires pour intégrer leur corps d’élite, il trouva en premier lieu sur son chemin, l’amitié, celle d’Athos, Porthos et Aramis avec qui il croiserait le fer à maintes occasions pour les beaux yeux de la reine. Il rencontra certainement le don de soi au service des autres, car, unis comme les doigts de la main ils n’étaient rien l’un sans l’autre. Il a du certainement côtoyer de près ou de loin la peur. Celle de l’inconnu, celle aussi d’une nouvelle aventure. La crainte peut-être de tomber dans les pièges tendus par l’ennemi ou de faillir dans la mission qui lui avait été confiée. Mais lorsqu’il réussit enfin dans son entreprise, sa fierté personnelle masquait, en réalité, celle de tout un peuple qui avait cru le miracle possible. Pourtant, personne n’aurait été assez fou pour imaginer que le « cul-terreux » s’imposerait au pays des nantis. Malgré ces doutes et à force de courage, de bravoure, d’abnégation et une volonté sans faille combinée à une haine viscérale de l’échec, l’histoire trouva une fin heureuse. Pourquoi ne pas espérer un épilogue similaire pour les mousquetaires Campétois à l’occasion de leur déplacement sur les terres de D’Artagnan?

C’est à Lectoure, dans le Gers, non loin des contrées natales du jeune mousquetaire gascon, que se jouera le prochain acte de l’épopée du Real à partir de 15h. Un 1/8èmes de finale de Championnat de France, un pas de plus vers la terre promise. Qui plus est dans un lieu propice aux combats épiques et aux luttes rugueuses. En somme le décor idéal pour un duel acharné digne des meilleurs films de cape et d’épée pour les hommes de Renaud et Cancan.

Nous l’avons déjà assez répété ces dernières semaines, dorénavant, chaque rencontre est une finale. Pour ceux qui auraient oublié, une finale ça ne se joue pas, ça se gagne. Dimanche, il faudra encore se retrousser les manches et être prêts à se battre, rendre coup pour coup à son vis à vis. Il faudra avoir l’envie d’être le meilleur dans chaque geste, dans chaque intervention. Avoir le désir de hausser son niveau pour rester le maître aux quatre coins de la pelouse. Lorsque l’on souhaite décrocher la lune, il faut le désirer plus que tout. Peut-être en prenant exemple sur les aventuriers qui ont su faire fi de la crainte et du danger pour partir à la conquête de leurs rêves. Des rêves souvent juvéniles, des rêves d’enfant que peu ont la chance de concrétiser à l’âge adulte. Qui, dans le monde  de l’ovalie, n’a jamais rêvé, gamin, de glaner un titre de champion de France ? Qui n’a jamais fermé les yeux et pensé une dernière fois, avant de s’endormir, à ce fichu bout de bois, objet de toutes les convoitises ?

 

Ce sont souvent ces pensées un peu folles qui présagent de grands événements et c’est avec une insouciance enfantine qu’il faudra se battre une nouvelle fois face à Marssac. Une équipe Tarnaise que l’on attend coriace et très dure à manœuvrer. Pour preuve sa large victoire en 1/16ème face au Stade Monpazierois sur le score de 22 à 9. Mais vous êtes prévenus, dorénavant chaque adversaire sera un gros morceau. Pour éviter de trébucher prématurément, il ne faut pas oublier que c’est la passion du jeu qui nous anime chaque dimanche. L’envie de retrouver ses copains et de partager un moment unique en leur compagnie, à la vie à la mort. Se souvenir à chaque instant que sur le pré, et plus encore qu’ailleurs, l’union fait la force. Continuer à entretenir la flamme de ce feu sacré qui vous anime depuis le début de la saison. A l’image des travailleurs infatigables de l’ombre qui, malgré leur grand âge - n’est ce pas Scanner ? - savent puiser dans leur mental les ressources nécessaires pour se transcender chaque week-end et s’extirper de la mêlée. Ces Dominique Pierre, ces Eric Brethes, ces François Lalanne, et la liste est encore longue, qui jouent pour leur maillot mais aussi pour le plaisir de partager leur passion, comme des gosses. Ceux qui chargent sans cesse pour faire avancer le bateau Campétois, offrant leur corps et leur âme sans compter. Ils auront une nouvelle fois besoin d’être épaulés par la fougue et les cannes de toute la jeune garde. Parce qu’à Campet plus qu’ailleurs c’est son cœur que l’on dépose sur l’autel de l’amitié au moment d’enfiler son maillot. Un modeste bout de tissu mais bien plus qu’un simple vêtement, un habit de lumière identique à celui des maestros ou autres mousquetaires. Une tunique qui nous rassemble et nous unit dans un même élan. Fiers de nos couleurs tout simplement, comme en 1/16ème face à Martignas où la victoire 27 à 12 aurait pu être encore plus large avec un zest supplémentaire de pragmatisme. Espérons juste que les petits bobos récoltés à Parentis ne seront que de mauvais souvenirs.

 

À Lectoure, pour ce 1/8ème de Finale, il faudra éviter de laisser des points en route. Plus on avance dans la pyramide et plus les occasions se feront rares de scorer. En revanche, il sera impératif de se jeter sur chaque ballon comme si c’était le dernier. Il faudra vouloir dépasser ses limites pour atteindre l’objectif suprême. Ne pas faiblir ni se laisser submerger par la crainte ou la pression de l’événement. Il faudra peut-être aller puiser dans l’âme des lieux cette volonté qui a réussi naguère à l’enfant du pays, D’Artagnan. Lui, qui a su terrasser la peur et qui a atteint son but à force de bravoure et de courage. Lui encore qui s’est mis au service de ses frères d’armes pour le bien de la cause. Lui, toujours, qui a su faire jaillir la fierté de tout un peuple grâce à ses exploits. Il faudra marcher dans ses pas et être prêts à se battre jusqu’au dernier souffle, tous unis pour défendre vos couleurs. Et ne jamais perdre de vue la devise des mousquetaires. C’est certainement elle qui contient la clé de l’énigme.

Au moment de pénétrer sur la pelouse, juste après avoir bien regardé votre maillot, votre tunique, celle pour laquelle vous vous battrez, n’oubliez pas pourquoi vous êtes là, Mousquetaires Campétois : « Un pour tous, tous pour un ! »

 

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