Un club dirreductibles montois

UN CLUB D’IRREDUCTIBLES MONTOIS


Il existe de magnifiques histoires qui naissent sur un coin de nappe, aux confins de soirées trop arrosées, là où on ne les attendait pas. Des moments inoubliables partagés entre amis et que l’on aimerait plus que tout revivre à l’infini, comme un pied de nez au temps qui défile toujours trop vite. Lorsque germent les rêves les plus fous, les paris les plus osés. Des coups de folie comme celui tenté par Régis Sonnes et ses anciens coéquipiers du Stade Montois. Bien décidés à ne pas laisser le temps avoir de reprise sur leur amitié indéfectible, ils décidèrent de créer lors de la saison 2003/2004 le club de leur rêve de gosses. Une sorte d’institution à des années-lumière du mundillo de l’ovalie, avec la volonté de s’en démarquer.
Le nom du club apparu comme une évidence. Il fallait rendre hommage à l’ancien soigneur/gai luron du temps des cadets jaune et noir. Une « figura » que tout le « Moun » connaissait, Robert Soldevilla, l’illustre alguazil des arènes du Plumaçon à l’esthétique inégalable. Ce sera finalement le Real Soldevilla Campétois. Pour marquer un peu plus sa différence sans trop s’éloigner de ses racines, la joyeuse bande d’irréductibles montois décida de poser ses valises à Campet et Lamolère. « Et pour le nom du stade ? », là encore la réponse tomba sous le sens. Il ne pouvait en être autrement que « Stade de l’Amitié ».

Un club de Rugby mais pas seulement…

À la genèse du projet, l’idée principale n’était pas tant de créer un énième club avec pour vocation de concurrencer les voisins que de partager ce plaisir enfantin du jeu qui avait fait leur force jadis. Retrouver ce lien unique tellement fort qu’il a su résister à l’épreuve du temps. Revenir à l’essence même de ce sport magnifique qu’est le rugby, le seul capable de générer ces émotions tellement indescriptibles qui rendent les enfants hommes. C’est cette éthique basée sur l’amitié et l’amour du jeu qui reste la pierre angulaire de la réussite du Real. Une institution dont la devise pourrait être « décalé, juste ce qu’il faut » et où l’humour et la dérision sont des vertus essentielles. Une sorte de grande fratrie que chacun peut intégrer sans être jugé, à partir du moment où il sait se fondre dans le moule et se mettre au service du collectif. Ce sont certainement ces « liens du sang » qui ont permis au Real Soldevilla Campétois d’être toujours vivant après quasiment dix ans d’existence. Une sacrée revanche envers ceux qui n’y voyaient qu’un projet farfelu et voué à la mort prématurée. C’est certainement pour combattre les préjugés que ces hommes ont la volonté de démontrer tous les week-ends sur le terrain qu’ils ont sportivement leur place dans le paysage. Le palmarès du club est éloquent et plaide pour eux. C’est certainement pour briser d’autres préjugés que le club a organisé des actions en partenariat avec le SSID du Conseil Général. Pour permettre à des enfants autistes de surpasser leur condition à travers la pratique du rugby par exemple.
Bien que certains membres fondateurs ne puissent plus jouer ou aient migré vers d’autres cieux, l’esprit du Real perdure. Si le club aujourd’hui dirigé par un trio composé d’Emmanuel Bourde, Sébastien Malaussane et Olivier Jaulin a connu des périodes difficiles lorsque le nombre de joueurs était à peine suffisant pour constituer une équipe, il a toujours pu compter sur la dévotion salvatrice d’une armée de bénévoles et de sympathisants pour compenser la maigreur du budget. Cette saison, le Real affiche un bilan flatteur d’environ 70 licenciés venus de tous horizons et une quinzaine d’enfants recensés à l’école de rugby. Les résultats suivent et une belle aventure s’ouvre à nos joueurs. Pour peut-être, inscrire une nouvelle ligne à une de ces belles histoires qui naissent sur un coin de nappe.

Par Benoit Dartigues

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